La citronnelle apporte une note très fraîche au potager, mais c’est une plante qui récompense surtout les installations simples et bien pensées: chaleur, drainage et protection contre le froid font toute la différence. Je détaille ici la manière de l’installer en pot ou, dans quelques régions favorisées, en pleine terre, puis la façon de l’arroser, de la nourrir et de la garder d’une saison à l’autre. Vous verrez aussi comment éviter les erreurs qui la font dépérir le plus vite.
Les points à retenir avant de l’installer au jardin
- La citronnelle utilisée en cuisine est une graminée tropicale frileuse, donc le pot reste le choix le plus sûr dans la majorité des régions françaises.
- Elle aime le plein soleil, un emplacement abrité du vent et un substrat très drainant.
- Je plante au printemps, quand les nuits sont durablement douces et que le gel n’est plus à craindre.
- En pot, je vise un contenant d’au moins 30 à 40 cm de diamètre avec une couche drainante au fond.
- L’arrosage doit rester régulier en saison, mais sans eau stagnante.
- Avant l’hiver, je rentre la plante ou je la protège fortement si elle pousse en pleine terre dans un secteur très doux.
Ce qu’il faut vraiment installer au jardin
Avant de parler de plantation, il faut clarifier de quelle citronnelle il s’agit. Celle que je conseille ici est la citronnelle de Madagascar, Cymbopogon citratus, une graminée aromatique à usage culinaire, très différente de la verveine citronnelle. Elle forme une touffe dense, avec des feuilles longues et coupantes, et son intérêt principal est double: parfumer la cuisine et apporter une présence très graphique au potager d’aromatiques.
Je pars presque toujours d’un jeune plant acheté au printemps ou d’une touffe divisée, pas d’un semis hasardeux. La plante aime la chaleur pour vraiment démarrer, et dans un jardin français elle se comporte rarement comme une vivace “sans souci” si on la laisse en pleine terre sans protection. Autrement dit, sa réussite tient moins à la chance qu’au bon mode d’installation. La suite logique, c’est donc de choisir l’emplacement qui lui évitera le plus de stress.

Choisir l’emplacement le plus fiable
Dans la plupart des régions françaises, je privilégie le pot sans hésiter. C’est plus simple à gérer, surtout si vous n’avez ni serre, ni véranda, ni abri vraiment hors gel. En pleine terre, la citronnelle peut fonctionner dans les coins les plus doux du littoral méditerranéen, mais elle reste fragile dès que l’humidité et le froid se combinent.
| Critère | En pot | En pleine terre |
|---|---|---|
| Sécurité hivernale | Très bonne si on rentre le pot à temps | Très limitée, sauf climat doux et sec |
| Exposition idéale | Terrasse, balcon, cour, serre lumineuse | Plein sud, sol drainant, abrité du vent |
| Gestion de l’eau | Arrosage régulier à surveiller de près | Arrosage surtout utile au démarrage et en période sèche |
| Développement | Plus contenu, plus facile à contrôler | Plus ample si le climat suit |
| Mon choix pratique | Le plus fiable pour un jardin français moyen | Réservé aux situations vraiment favorables |
Une fois ce choix posé, la plantation elle-même devient très simple. Je passe alors à la mise en pot, qui reste la méthode la plus propre et la moins risquée.
Planter en pot pas à pas
Je plante à partir du printemps, une fois les gelées passées et quand les nuits se maintiennent idéalement au-dessus de 10 à 13 °C. En dessous, la reprise traîne et la touffe stresse inutilement.
- Je choisis un pot d’au moins 30 cm de diamètre, et plutôt 35 à 40 cm si je veux garder la plante plus d’une saison.
- Je mets au fond une couche de 3 à 5 cm de billes d’argile ou de graviers pour sécuriser le drainage.
- Je prépare un mélange très filtrant: 1/3 terre de jardin, 1/3 terreau, 1/3 sable ou matériau équivalent bien drainant.
- Je place la touffe au centre du pot, au même niveau qu’en pépinière, puis je comble sans tasser excessivement.
- J’arrose copieusement une première fois, puis je vide la soucoupe si l’eau remonte dessous.
- J’installe le pot dans un endroit chaud, lumineux et abrité.
Ce que je surveille ensuite, ce n’est pas une croissance spectaculaire immédiate, mais la reprise: si la plante reste ferme, que de nouvelles feuilles apparaissent et que le substrat sèche seulement en surface entre deux arrosages, le démarrage est bon. À ce stade, la vraie question devient la culture en pleine terre, qui demande un peu plus de discernement.
La mettre en pleine terre seulement dans les bons coins
En pleine terre, je ne force pas la nature. Je réserve cette option aux régions où les hivers restent doux et où le drainage est réellement bon, sinon la touffe finit souvent par souffrir plus du froid humide que du froid sec. L’idéal est une exposition plein sud, contre un mur ou dans un espace protégé des vents froids, avec une terre légère qui ne se gorge pas d’eau.
Si plusieurs pieds doivent cohabiter, je garde environ 80 cm entre eux, afin que chaque touffe puisse prendre son volume sans devenir ingérable. Si le sol du jardin est lourd, je le corrige au moment de la plantation avec un peu de matière organique bien décomposée, et j’ajoute un paillis épais pour garder la fraîcheur sans créer d’asphyxie. Je préfère être direct sur ce point: un paillis ne sauve pas une terre froide et détrempée. Là encore, la frontière entre réussite et échec se joue surtout sur le prochain geste: l’entretien régulier.
Arroser, nourrir et tailler au bon rythme
La citronnelle aime l’humidité de croissance, pas la noyade. En pot, j’arrose dès que le substrat commence à sécher en surface, avec davantage de vigilance en période chaude et venteuse. En pleine terre, les arrosages sont surtout utiles après la plantation puis pendant les périodes sèches, une fois la plante bien enracinée.
- Arrosage en saison: régulier et franc, mais jamais au point de laisser l’eau stagner.
- Engrais en pot: apport de printemps à fin d’été, soit avec un engrais à libération lente au rempotage, soit avec un liquide toutes les 2 à 3 semaines.
- Taille: j’enlève les feuilles sèches ou abîmées au fil de l’été, et je rabats plus franchement à 5 à 10 cm du pied si je manque de place pour l’hiver.
- Précaution: les bords des feuilles coupent facilement; je mets des gants quand je nettoie la touffe.
J’observe aussi les limaces et les escargots sur les jeunes feuilles, surtout après les pluies. Rien d’exotique ici: plus la plante pousse vite, plus elle mérite un minimum de surveillance. Une fois ce rythme installé, la question n’est plus seulement de la garder en vie, mais de la conserver d’une année sur l’autre.
Passer l’hiver et multiplier la touffe
Le point le plus important en climat français, c’est l’hivernage. Je rentre la plante dès que les nuits deviennent vraiment fraîches, idéalement avant que les températures nocturnes ne s’approchent de 7 °C. À l’intérieur, je cherche un endroit lumineux, frais mais hors gel, et je réduis nettement les arrosages: l’objectif n’est pas de la faire pousser, seulement de la maintenir vivante.
Au printemps, je peux la multiplier par division. Je dépote la touffe, je sépare le système racinaire en plusieurs morceaux bien pourvus en racines et en tiges, puis je rempote chaque section dans un substrat propre. C’est une méthode simple, très fiable, et souvent plus efficace qu’un nouvel achat si la souche mère est déjà bien installée. Une véranda lumineuse ou une serre froide mais vraiment hors gel reste idéale; un local sombre, lui, la fait vite décliner. Une fois cette étape passée, il reste à récolter sans fatiguer la plante.
Récolter sans épuiser la plante et prolonger sa présence au potager
Je récolte surtout de mai à octobre, en prélevant les tiges les plus externes et les plus charnues. Pour la cuisine, on utilise surtout la base tendre, tandis que les parties supérieures servent plutôt en infusion ou en décoction parfumée. Sur une touffe jeune, je reste mesuré; sur une plante bien formée, la coupe devient plus généreuse, à condition de laisser assez de feuillage pour qu’elle reconstitue ses réserves.
J’arrête les prélèvements sérieux courant octobre pour laisser la touffe refaire un minimum de masse avant les premiers froids. C’est souvent ce détail qui fait la différence entre une plante qui repart bien au printemps et une souche affaiblie qui peine à redémarrer. Si je devais résumer la méthode en une seule logique, ce serait celle-ci: chaleur, drainage, régularité, puis hivernage sans retard.
Et si vous n’avez ni véranda, ni serre lumineuse, ni abri réellement hors gel, je préfère être direct: la culture en pot devient alors saisonnière. Dans ce cas, il vaut mieux profiter d’une belle touffe de mai à l’automne, puis repartir sur un jeune plant au printemps suivant plutôt que de tenter un hivernage hasardeux.